Le paysage politique hongrois a connu en 2026 le bouleversement le plus important depuis 2010. La victoire du parti Tisza aux élections législatives du 12 avril a mis fin à seize années de gouvernement de Viktor Orbán et redistribué les rôles entre la majorité et l'opposition.
La participation a atteint 78,99 pour cent, en hausse de plus de neuf points par rapport au scrutin précédent. Tisza a recueilli 53,18 pour cent des voix sur les listes nationales et 141 sièges sur 199, soit une majorité des deux tiers. La coalition du Fidesz et du KDNP a obtenu 38,61 pour cent et 52 sièges, le Mouvement Notre patrie 5,63 pour cent et 6 sièges. Aucune autre formation n'a franchi le seuil de 5 pour cent.
Péter Magyar, né en 1981, ancien cadre de l'administration issu des cercles proches du pouvoir, a rompu avec celui-ci en février 2024 lors de l'affaire de la grâce présidentielle qui provoqua la démission de Katalin Novák. Il a pris la tête du petit parti Tisza la même année, organisé des rassemblements de grande ampleur et conduit sa liste à la deuxième place aux élections européennes de juin 2024. Il se présente comme un conservateur libéral et se réclame d'une ligne européenne critique.
Le Fidesz, fondé en 1988 comme mouvement de jeunesse libéral, a évolué vers un conservatisme national après 1994. Il a gouverné de 1998 à 2002, puis sans interruption de 2010 à 2026, allié au parti chrétien-démocrate KDNP. Viktor Orbán conduit désormais l'opposition, dont le groupe parlementaire est dirigé par Gergely Gulyás.
Le Mouvement Notre patrie, ou Mi Hazánk, dirigé par László Toroczkai, occupe l'extrême droite du spectre et provient d'une scission du Jobbik intervenue en 2018. Le Jobbik lui-même, longtemps principale force nationaliste, avait amorcé un recentrage à partir de 2015 avant de s'effacer. La Coalition démocratique de Ferenc Gyurcsány, le parti socialiste et les écologistes de LMP, qui formaient le pôle de gauche, ont perdu leur représentation parlementaire lors du dernier scrutin.
Le mode de scrutin issu de la réforme de 2011 combine 106 circonscriptions uninominales à un tour et 93 sièges de liste, avec un mécanisme qui reverse aux listes les voix excédentaires des vainqueurs comme celles des perdants. Les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe avaient relevé lors des scrutins précédents que ce dispositif amplifiait fortement l'avance du parti arrivé en tête. La prochaine échéance législative ordinaire interviendra en 2030.