Les libertés publiques ont fait l'objet de vives controverses en Hongrie entre 2010 et 2026, la Commission européenne, le Conseil de l'Europe et plusieurs organisations non gouvernementales dénonçant un recul de l'Etat de droit. Le changement de majorité intervenu au printemps 2026 a ouvert une période de révision de plusieurs de ces dispositifs.
Reporters sans frontières classe la Hongrie au 74e rang sur 180 pays dans son édition 2026 du classement mondial de la liberté de la presse, avec un score de 59,85. L'organisation relève que la fondation KESMA, créée en 2018, regroupe environ 500 titres et stations, et que des propriétaires proches du pouvoir sortant ou des entités publiques contrôlaient près de 80 pour cent du marché. Elle rappelle également l'arrêt de la diffusion hertzienne de Klubrádió en 2021 et l'usage du logiciel espion Pegasus contre des journalistes. Des rédactions indépendantes comme Telex, RTL Klub ou Partizán ont maintenu leur audience.
Le quatrième amendement constitutionnel de 2013 avait limité les compétences de la Cour constitutionnelle. Les institutions européennes ont ensuite critiqué le mode de nomination des juges et la concentration des pouvoirs administratifs au sein de l'Office national de la justice. Le gouvernement formé en mai 2026 a annoncé une limite d'âge de 70 ans pour les juges constitutionnels et l'adhésion de la Hongrie au Parquet européen.
Une loi de 2017 imposait aux associations recevant des financements étrangers un étiquetage particulier. La Cour de justice de l'Union européenne l'a jugée contraire au droit européen en 2020, ce qui a conduit à son abrogation en 2021. Le dispositif dit de protection de la souveraineté, adopté fin 2023, a suscité de nouvelles procédures d'infraction.
Un amendement constitutionnel de décembre 2020 a défini la famille par un père homme et une mère femme et restreint l'adoption. La loi dite de protection de l'enfance, entrée en vigueur le 1er juillet 2021, interdit la présentation de l'homosexualité et du changement de genre aux mineurs. Un texte de mars 2025 a ensuite prohibé les rassemblements considérés comme en faisant la promotion, ce qui visait la marche des fiertés de Budapest, tenue malgré tout en juin 2025 devant plus de cent mille personnes. La Cour de justice de l'Union européenne a déclaré la loi de 2021 contraire au droit européen en avril 2026, et les autorisations ont été rétablies le mois suivant.
Le Conseil avait gelé 6,3 milliards d'euros en décembre 2022 au titre du mécanisme de conditionnalité budgétaire, dans un ensemble plus large de crédits suspendus. Le gouvernement entré en fonction en 2026 indique avoir obtenu le déblocage de 16,4 milliards d'euros. La Hongrie obtenait par ailleurs un score de 40 sur 100 et le 84e rang mondial dans l'indice de perception de la corruption publié par Transparency International pour 2025, au dernier rang de l'Union européenne avec la Bulgarie.