La politique étrangère hongroise combine l'appartenance aux institutions occidentales et une recherche d'autonomie qui a nourri de fortes tensions avec Bruxelles entre 2010 et 2026. L'alternance intervenue au printemps 2026 a modifié l'accent mis sur plusieurs de ces dossiers.
La Hongrie a adhéré à l'Union européenne le 1er mai 2004 et à l'espace Schengen en décembre 2007. Les désaccords avec les institutions ont porté sur l'Etat de droit, la migration, la justice et les médias. Ils ont conduit au déclenchement de la procédure de l'article 7 par le Parlement européen en septembre 2018, puis au gel de crédits au titre du mécanisme de conditionnalité en décembre 2022. Le gouvernement entré en fonction en mai 2026 a fait de la normalisation de ces relations une priorité affichée.
Le pays a rejoint l'Organisation du traité de l'Atlantique nord le 12 mars 1999, avec la Pologne et la République tchèque. Sa dépense de défense a longtemps figuré parmi les plus faibles de l'Alliance. Budapest avait par ailleurs retardé de plusieurs mois la ratification des adhésions de la Finlande et de la Suède.
Les liens énergétiques structurent cette relation. La Hongrie tirait de Russie environ 80 pour cent de son gaz en 2022, acheminé principalement par le gazoduc TurkStream, et une part importante de son pétrole par l'oléoduc Droujba. L'accord signé avec Rosatom pour deux réacteurs supplémentaires à Paks, d'un montant de 12,5 milliards d'euros financé à 80 pour cent par un prêt russe, prolonge cette dépendance. Le gouvernement sortant s'était opposé à plusieurs trains de sanctions européennes.
Budapest a refusé de livrer des armes à l'Ukraine et bloqué ou retardé plusieurs décisions européennes, tout en accueillant des réfugiés. La question des droits de la minorité hongroise de Transcarpatie, en particulier dans l'enseignement, a pesé sur les échanges bilatéraux et sur la position hongroise à l'égard des négociations d'adhésion de Kiev.
Le groupe de Visegrad, formé en 1991 avec la Pologne, la Slovaquie et la Tchéquie, s'était fragilisé après 2022 en raison des divergences sur la Russie. Les relations avec la Roumanie, la Slovaquie et la Serbie restent marquées par la protection des minorités hongroises et par la loi de naturalisation facilitée de 2010.
La politique dite d'ouverture vers l'Est, lancée en 2010, a attiré des investissements chinois considérables, dont l'usine de batteries de Debrecen et la modernisation de la ligne ferroviaire vers Belgrade. Ces projets ont suscité des interrogations sur la dépendance technologique et sur leur financement.
La Suisse et la Hongrie entretiennent des relations denses, nourries par l'accueil d'environ 12 000 réfugiés hongrois en 1956. Berne a versé quelque 131 millions de francs au titre de la première contribution à l'élargissement, entre 2007 et 2017, pour 39 projets achevés, puis 87,6 millions pour la période allant de 2019 à 2029. Environ 2249 ressortissants suisses résidaient en Hongrie à la mi-2024.