La Hongrie combine une fiscalité des entreprises très favorable et une fiscalité indirecte parmi les plus lourdes d'Europe. Cet équilibre singulier, associé à une administration largement numérisée, structure l'environnement des affaires du pays.
Le taux d'impôt sur les bénéfices s'établit à 9 pour cent depuis janvier 2017, le niveau le plus bas de l'Union européenne. Les dividendes versés à des personnes morales non résidentes ne supportent aucune retenue à la source. Une taxe professionnelle locale, plafonnée à 2 pour cent du chiffre d'affaires net, s'ajoute à cet impôt. Le pays applique par ailleurs les règles internationales sur l'imposition minimale des grands groupes.
Le taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée atteint 27 pour cent depuis janvier 2012, le plus élevé de l'Union européenne. Des taux réduits de 18 et de 5 pour cent s'appliquent à certains produits alimentaires, aux médicaments, aux livres et à l'hébergement. Ce niveau élevé procure une part importante des recettes publiques et alimente les débats sur le coût de la vie.
L'impôt sur le revenu des personnes physiques repose sur un taux unique de 15 pour cent, assorti d'exonérations pour les jeunes de moins de 25 ans et pour les mères de plusieurs enfants. L'employeur acquitte une contribution sociale de 13 pour cent du salaire brut depuis 2022, et le salarié 18,5 pour cent. Le coût total du travail demeure inférieur à la moyenne de l'Europe occidentale.
La constitution d'une société passe par un acte contresigné par un avocat hongrois et par une immatriculation électronique auprès du tribunal d'enregistrement. La procédure aboutit en quelques jours ouvrables lorsque les statuts suivent le modèle type. Un compte bancaire local et un numéro fiscal sont requis avant le début de l'activité.
Les déclarations fiscales et les échanges avec l'administration s'effectuent par voie électronique, et le système de facturation en temps réel oblige les entreprises à transmettre leurs factures aux autorités. Les investisseurs étrangers signalent en revanche des changements réglementaires fréquents et des taxes sectorielles introduites à court préavis, notamment dans la banque, l'énergie et la distribution.
Transparency International attribuait à la Hongrie un score de 40 sur 100 et le 84e rang mondial dans son indice 2025, au dernier rang de l'Union européenne avec la Bulgarie. La Commission européenne et l'Office européen de lutte antifraude ont mis en cause la fréquence des appels d'offres à candidature unique et le recours à des fondations d'intérêt public. Le gouvernement entré en fonction en 2026 a annoncé l'adhésion au Parquet européen et la création d'un office chargé de la récupération des avoirs publics.