Les valeurs hongroises se comprennent mal sans la mémoire des pertes territoriales et des occupations qui ont marqué le vingtième siècle. La société reste attachée à la famille et à la nation, tout en connaissant une sécularisation rapide et une ouverture européenne qu'elle vit avec ambivalence.
Le foyer élargi joue un rôle économique concret, les grands-parents gardant les enfants et le logement se transmettant entre générations. Les politiques publiques encouragent fortement la natalité par des prêts et des exonérations fiscales, sans que le taux de fécondité rejoigne pour l'instant le seuil de renouvellement des générations.
Le recensement de 2022 montre une appartenance déclarée en net recul, le catholicisme rassemblant un peu plus du quart des habitants et le calvinisme environ un dixième, tandis qu'une large part de la population ne se rattache à aucune confession ou ne répond pas. Debrecen, surnommée la Rome calviniste, conserve une identité protestante forte, héritée d'une Réforme dont les étudiants hongrois allaient chercher la doctrine à Genève et à Zurich.
Le 4 juin est devenu depuis 2010 la journée de la solidarité nationale, consacrée aux Hongrois vivant hors des frontières. Ces communautés, estimées à plus de deux millions de personnes, occupent une place constante dans le débat public et dans la politique de voisinage du pays.
Le soulèvement de 1956 fonde un récit de résistance que partagent des familles politiques par ailleurs opposées. Sa commémoration chaque 23 octobre donne lieu à des cérémonies concurrentes, chacune revendiquant l'héritage des insurgés, ce qui illustre la vivacité des divisions actuelles.
L'adhésion de 2004 avait été approuvée par une très large majorité et les fonds européens ont transformé les infrastructures du pays. Le discours public s'est ensuite fait plus critique envers Bruxelles, et la Hongrie conserve le forint sans calendrier d'adoption de l'euro, position que des Suisses attachés à leur franc comprennent sans peine.
La libre circulation a poussé plusieurs centaines de milliers de Hongrois, souvent jeunes et diplômés, à travailler en Allemagne, en Autriche ou au Royaume-Uni. Ce départ pèse sur le système de santé et sur plusieurs métiers qualifiés, même si les retours se multiplient depuis quelques années.
Le sous-sol livre plus de mille sources thermales, et la fréquentation des bains relève d'une habitude ordinaire plutôt que d'un luxe, à tout âge et en toute saison. Les Hongrois s'y montrent sans gêne particulière, la cure appartenant au soin médical courant et faisant parfois l'objet d'une prise en charge.