Hongrie

Bienvenue sur Hongrie.ch !

hongrie

La littérature hongroise

La littérature occupe en Hongrie une place que peu de nations lui accordent, ses poètes ayant souvent tenu le rôle de porte-parole politique. Longtemps enfermée dans une langue que personne ne lisait au-dehors, elle est devenue depuis les années 1990 l'une des plus traduites d'Europe centrale, portée par des distinctions internationales et par le travail patient d'éditeurs francophones.

Poète de la révolution

Sandor Petofi, né en 1823, incarne le romantisme national. Son Chant national, déclamé le 15 mars 1848 à Pest, sert de manifeste à la révolution. Engagé dans l'armée hongroise, il disparaît en Transylvanie à l'été 1849, à vingt-six ans, ce qui achève de le transformer en figure mythique.

Renouveau moderniste

Endre Ady bouscule la poésie hongroise à partir de 1906 en y introduisant le symbolisme découvert à Paris. Autour de la revue Nyugat, fondée en 1908, se réunit une génération qui ouvre la littérature nationale aux courants européens. Attila Jozsef, mort en 1937 à trente-deux ans, en prolonge l'élan avec une poésie de la misère urbaine devenue classique.

Exil de Sandor Marai

Sandor Marai décrit la bourgeoisie de la double monarchie avant de quitter la Hongrie communiste en 1948 et de mettre fin à ses jours en Californie en 1989. Son roman Les Braises, paru en 1942, connaît une seconde vie spectaculaire lorsqu'il paraît en français dans les années 1990 et devient un succès de librairie.

Prix Nobel d'Imre Kertesz

Déporté adolescent à Auschwitz puis à Buchenwald, Imre Kertesz tire de cette expérience Être sans destin, publié en 1975 dans une indifférence à peu près générale. Le prix Nobel de littérature lui est décerné en 2002, première distinction de ce type pour un écrivain hongrois. Son oeuvre interroge la banalité du camp plus que son horreur spectaculaire.

Voix de Magda Szabo

Écartée de la publication pendant la période stalinienne, Magda Szabo revient dans les années 1960 avec des romans centrés sur des figures féminines. La Porte, paru en 1987, lui vaut le prix Femina étranger en 2003 et demeure son livre le plus lu hors de Hongrie.

Prose contemporaine

Peter Nadas construit avec Le Livre des mémoires une somme que la critique compare volontiers à Proust. Laszlo Krasznahorkai, dont Le Tango de Satan a inspiré les films de Bela Tarr, obtient le Booker international en 2015, puis le prix Nobel de littérature en 2025. Peter Esterhazy, disparu en 2016, complète cette génération.

Traductions françaises

Les lecteurs romands trouvent aujourd'hui la plupart de ces auteurs en français, grâce notamment aux éditions Actes Sud, Gallimard, Viviane Hamy et Cambourakis. Le nombre limité de traducteurs du hongrois explique cependant que des pans entiers de cette littérature, en particulier la poésie, restent inaccessibles.