Le hongrois surprend les visiteurs, y compris ceux qui pratiquent plusieurs langues européennes, car il n'appartient pas à la famille indo-européenne. Aucune des quatre langues nationales suisses ne lui ressemble. Une douzaine de millions de personnes le parlent, dont une part importante hors des frontières actuelles du pays.
Le hongrois relève de la branche finno-ougrienne de la famille ouralienne, aux côtés du finnois et de l'estonien, dont il s'est séparé il y a plusieurs millénaires. Ses parents les plus proches se parlent en Sibérie occidentale. Cette parenté reste théorique, aucun échange spontané n'étant possible entre les deux langues.
La langue construit ses mots en accumulant des suffixes derrière une racine, là où le français emploie des prépositions et des articles. Les grammaires dénombrent entre quinze et vingt cas, si bien qu'un seul mot hongrois traduit parfois toute une proposition française.
Le hongrois ignore le genre. Un même pronom désigne aussi bien un homme qu'une femme, et les adjectifs ne s'accordent pas. Cette simplicité compense en partie la complexité des suffixes.
Les voyelles d'un mot se répartissent en série antérieure et série postérieure, et les suffixes s'adaptent à celle de la racine. L'accent tonique porte toujours sur la première syllabe, ce qui donne au hongrois son rythme reconnaissable.
L'écriture utilise l'alphabet latin complété par des accents et par des groupes de lettres, pour un total de quarante-quatre signes. Les graphies déroutent d'abord, puisque s se lit ch, sz se lit s, cs correspond à tch et zs à j.
Les instituts de langues classent le hongrois parmi les idiomes les plus exigeants pour un francophone, à côté du finnois et du turc, le vocabulaire n'offrant presque aucun point d'appui. Quelques heures suffisent en revanche pour maîtriser des formules de politesse qui font plaisir.
On parle hongrois bien au-delà des frontières, principalement en Transylvanie roumaine, dans le sud de la Slovaquie, en Voïvodine serbe et en Transcarpatie ukrainienne. Elles représentent plus de deux millions de personnes et disposent depuis 2011 d'un accès simplifié à la nationalité hongroise.
Quelques expressions suffisent pour marquer sa bonne volonté, la prononciation approximative figurant après chaque terme.