L'histoire hongroise commence par une migration venue des steppes et se poursuit par mille ans de royaume au centre de l'Europe, ponctués par l'invasion mongole, la conquête ottomane et le démembrement de 1920. Les Hongrois se voient comme un peuple de survivants, ce qui explique le poids de la mémoire dans leur vie publique.
Sept tribus magyares conduites par le chef Arpad franchissent les Carpates vers 895 et occupent la plaine du Danube et de la Tisza. Ces cavaliers mènent pendant un demi-siècle des raids jusqu'à l'abbaye de Saint-Gall, avant que leur défaite au Lechfeld en 955 ne les fixe sur place.
Le prince Vajk, baptisé sous le nom d'Étienne, reçoit l'onction royale autour de l'an mil. Il fonde des évêchés et impose le christianisme latin, choix qui rattache durablement la Hongrie à l'Europe occidentale plutôt qu'à Byzance. Sa canonisation en 1083 en fait le saint patron du pays.
Les Mongols écrasent l'armée de Béla IV à Muhi en 1241 et ravagent le royaume, que le roi relève ensuite en multipliant les forteresses de pierre. Mathias Corvin règne de 1458 à 1490 et fait de sa cour un foyer de la Renaissance au nord des Alpes.
La défaite de Mohacs, le 29 août 1526, coûte la vie au roi Louis II et ouvre le pays aux armées de Soliman. Après la prise de Buda en 1541, la Hongrie se divise en trois, une bande royale habsbourgeoise, une province ottomane et une principauté de Transylvanie.
Les troupes impériales reprennent Buda en 1686 et le traité de Karlowitz de 1699 chasse les Ottomans. Le 15 mars 1848, une révolution libérale éclate à Pest autour de Lajos Kossuth et du poète Sandor Petofi, que l'intervention russe écrase en août 1849.
Le compromis de 1867 transforme l'empire en une double monarchie où la Hongrie dispose de son gouvernement et de son parlement. Budapest, née en 1873 de la fusion de trois villes, se couvre de grands travaux et approche du million d'habitants avant 1914.
Signé le 4 juin 1920, le traité de Trianon retire à la Hongrie environ deux tiers de son territoire et de sa population. Plusieurs millions de Hongrois se retrouvent hors des nouvelles frontières, situation qui pèse encore sur la politique étrangère du pays.
Alliée de l'Allemagne dans l'espoir de récupérer les territoires perdus, la Hongrie est occupée par la Wehrmacht en mars 1944. Plus de quatre cent mille juifs hongrois sont alors déportés vers Auschwitz. Le siège de l'hiver 1944 laisse Budapest en ruine.
Le 23 octobre 1956, une manifestation étudiante se mue en soulèvement contre le régime stalinien. Imre Nagy annonce la neutralité, puis les chars soviétiques reprennent la capitale en novembre. Environ deux cent mille Hongrois partent en exil et la Suisse en accueille plus de dix mille.
Janos Kadar dirige ensuite le pays pendant plus de trente ans, échangeant la docilité politique contre un confort matériel supérieur à celui du reste du bloc. En 1989, Budapest démonte les barbelés de sa frontière autrichienne puis laisse passer des milliers d'Allemands de l'Est, ce qui précipite la chute du mur de Berlin.
La République est proclamée le 23 octobre 1989 et les premières élections libres se tiennent en 1990. La Hongrie rejoint l'OTAN en 1999, l'Union européenne le 1er mai 2004, puis l'espace Schengen en 2007. Elle conserve sa monnaie, le forint.