Le calendrier hongrois combine trois commémorations nationales, un cycle religieux encore structurant et des traditions villageoises que le tourisme a contribué à maintenir. Les trois dates civiles renvoient toutes à des luttes pour l'indépendance, ce qui en dit long sur le rapport du pays à son histoire.
Le 15 mars rappelle le soulèvement de 1848 contre Vienne. Les Hongrois portent ce jour-là une cocarde aux couleurs nationales, et des discours se tiennent devant le Musée national de Budapest, là où le poème de Petofi fut déclamé.
Le 20 août célèbre à la fois le premier roi et la fondation de l'État. La journée mêle une procession de la relique dite Sainte Dextre, la bénédiction du pain issu de la nouvelle récolte et un feu d'artifice sur le Danube qui rassemble des centaines de milliers de spectateurs.
Le 23 octobre commémore le début du soulèvement de 1956 et, depuis 1989, la proclamation de la République le même jour. Le drapeau au centre découpé, emblème des insurgés qui en avaient ôté l'écusson communiste, reste le symbole de cette journée.
La soirée du 24 décembre constitue le moment principal, avec un repas de poisson et le bejgli, un roulé aux noix ou aux graines de pavot. Le sapin se décore de szaloncukor, des bonbons fondants suspendus dans un papier brillant, tradition propre à cette région de l'Europe.
Le lundi de Pâques, les hommes rendent visite aux femmes de leur entourage, récitent un court poème et les aspergent d'eau ou d'eau de Cologne, geste de fécondité hérité des rites de printemps. Les femmes offrent en retour des oeufs peints, un verre de palinka ou une pièce aux enfants.
À Mohacs, six jours de carnaval précèdent le carême et s'achèvent par un défilé d'hommes masqués de bois, vêtus de peaux de mouton et munis de cloches, censés chasser l'hiver et rappeler la fuite des Ottomans. L'UNESCO a inscrit cette fête sur la liste du patrimoine culturel immatériel en 2009.
Les régions viticoles célèbrent le szuret en septembre et en octobre, avec des cortèges en costume, des bals et des dégustations, notamment à Tokaj, à Eger et autour du Balaton. Ces fêtes attirent de nombreux visiteurs autrichiens et allemands.
Le 11 novembre, les tables se garnissent d'oie et du vin de l'année, selon un dicton local voulant que celui qui n'en mange pas ce jour-là souffre ensuite de la faim. Martin de Tours étant né à Savaria, l'actuelle Szombathely, la Hongrie revendique le saint que le Jura suisse fête au même moment autour du cochon.